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Le rôle du Sypred

Présentation du Sypred

Créé en 1975, le SYPRED « Syndicat Professionnel du Recyclage et de l’Elimination des Déchets Dangereux » représente plus de 65% des capacités des centres collectifs dédiés au traitement de déchets dangereux hors stockage.

Le SYPRED représente aujourd’hui 57 centres de traitement de déchets dangereux situés en France. Ses membres rassemblent une capacité totale de traitement et de recyclage de 3,1 millions de tonnes par an, et de 220 000 tonnes par an de tri-transit-regroupement. La valorisation énergétique représente 800 000 MWh/an et les matières valorisées 389 000 tonnes/an. Enfin, plus de 4 millions de tonnes/an de CO2 sont évitées.

L’objectif du Sypred est de promouvoir la qualité écologique des traitements et du recyclage, d’informer le public sur le métier du traitement des déchets dangereux et de renforcer la protection de l’environnement et de la santé dans la réglementation applicable aux déchets dangereux.

L’adhésion au SYPRED est conditionnée notamment par l’acceptation de la charte de qualité du Syndicat.

Le SYPRED souhaite, au travers de ce site, exposer et faire participer le public à ses points de vue sur différents sujets en lien avec l’environnement et sa profession en toute transparence. Dans cette même démarche, il apparait important de mettre en commun un certain nombre de données sur la profession afin de permettre à tous une meilleure prise en compte de l’action du SYPRED.

VALORISATION ET ÉLIMINATION DES DÉCHETS DANGEREUX

Les déchets dangereux sont dangereux pour l’environnement ou la santé notamment parce qu’ils sont pollués. Mercure, plomb et autres métaux lourds, arsenic, PCB, molécules organiques cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques, polluants organiques persistants, etc., les polluants les plus dangereux et les plus variés contaminent les déchets dangereux. Il tombe sous le sens que, pour protéger la santé et l’environnement, il faut les détruire aussi complètement que possible et éviter de les disperser tant dans l’air, l’eau et le sol que dans les produits recyclés.

Par conséquent, quand on cherche à valoriser la matière d’un déchet dangereux, il faut commencer par en extraire la pollution. Faute de quoi, on est certain de retrouver les contaminants dans les matières valorisées et les produits recyclés en aval et de provoquer à plus ou moins long terme de graves problèmes de santé publique. Il n’est pas faux de dire que mieux on valorise un déchet dangereux, plus on récupère de pollution !

Cette remarque a trois conséquences :

  • Tout d’abord, la part de pollution présente dans un déchet dangereux est non nulle. Elle peut même être supérieure à 50% dans certains cas. Donc quand elle est bien faite, ce qui est souhaitable, la valorisation matière d’un déchet dangereux ne peut atteindre un rendement de 100%.

Exemple : un solvant usé contient couramment 30% d’éléments indésirables qui le rendent impropre à l’usage. Si une tonne de ce solvant est régénérée correctement, on obtiendra 700 kg de solvant neuf et non pas 1 tonne. Dans cet exemple, l’optimum écologique se trouve donc à 70% de rendement, ou plus exactement à 100% de purification de ces 700 kg. Cela signifie qu’un indicateur qui ne regarde que le rapport entre tonnage valorisé et tonnage initial se trompe d’objectif. Il donne des bons points aux mauvais valorisateurs, à ceux qui laissent la pollution dans la matière valorisée. Un indicateur plus significatif de la qualité de valorisation doit au contraire mesurer l’efficacité de la décontamination.

  • Deuxièmement, la pollution extraite n’est pas valorisable et demande évidemment à être éliminée dans les meilleures conditions, avec les meilleures technologies. Sinon, la pollution détournée des matières valorisées sera déversée dans l’environnement, ce qui n’est pas mieux. Cela montre que les valorisations bien faites de déchets dangereux ont un besoin fondamental d’outils d’élimination performants. D’ailleurs dans le tonnage reçu par les centres d’élimination de déchets dangereux, la part de ceux issus des installations de valorisation de déchets (dangereux ou non) est croissante. Il n’y a donc pas d’opposition entre valorisation des déchets dangereux et élimination, comme le profane le croit parfois, mais au contraire une profonde complémentarité, la seconde étant indispensable à la première. Il en résulte que le dispositif de traitement de déchets dangereux d’un Etat est loin de l’optimum écologique lorsqu’il ne comporte que des installations de valorisation et aucune installation d’élimination.
  • Enfin, les procédés chimiques permettant d’extraire la pollution sont sophistiqués, spécifiques à chaque type de déchets dangereux, et les installations sont coûteuses. Or, pour la plupart des familles de déchets dangereux, le tonnage en jeu ne justifie l’implantation et l’exploitation que de quelques installations au niveau national, parfois d’une seule. Il convient alors au niveau régional d’organiser un réseau logistique de collecte et de plateformes de transit des déchets dangereux afin d‘assurer la valorisation du plus grand tonnage possible et de servir au mieux les producteurs de déchets dangereux de chaque région. Cette configuration est à la fois plus écologique et plus viable économiquement que celle où chaque région serait équipée d’un outil de traitement pour chaque famille de déchets dangereux. D’autant que le transport pèse relativement peu dans le bilan CO2 dès lors qu’est pris en compte le CO2 évité par l’élimination et la valorisation elles-mêmes des déchets dangereux.